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Le Dirigeant qui a quelque réticence à évoquer la vie privée de sa secrétaire et rétablit bien vite la relation de fonction à fonction montre l’ambiguïté ressentie par chacun dans les rapports humains dans l’Entreprise.
Ce désir de ne pas mélanger l’Homme et sa Fonction pour n’avoir que la Fonction à gérer signe le malaise qu’il y a à accepter l’Homme dans son entièreté. Se rabattre, par la logique du travail, sur la Fonction, fait que sans surprise, on n’aura bien que la Fonction à gérer. Ainsi l’employé n’est souvent là que pour son salaire qu’il jugera toujours insuffisant, bien sûr.
Cela est d’autant plus vrai que la précarité de certains employés, ou d’un pays, permet une situation dans laquelle le besoin et la demande sont aussi primaires l’un que l’autre : manger/produire. Les deux parties démarrent sur ces bases et paraissent d’accord : en échange d’un salaire, il y a un (du) travail.
Mais dès lors que l’Entreprise commence à croître, la précarité diminue et les demandes deviennent moins primaires.
L’Entreprise attend alors des efforts pour lutter contre la concurrence ou les difficultés d’un marché : plus seulement du travail mais du bon travail, puis un esprit d’équipe, de l’implication, de la responsabilisation, de l’autonomie, c’est à dire un professionnalisme où les qualités personnelles doivent émerger.
Et l’employé qui fait des efforts attend plus, lui aussi : plus de considération, de reconnaissance, de motivation, de sentiment d’appartenance, d’intérêt intellectuel, d’épanouissement personnel.*
 Si l’Entreprise n’a pas ce qu’elle demande, le chemin du succès sera difficile ; si l’Employé n’a pas ce qu’il attend, il demandera une augmentation ou bien finira par partir ; s’il ne peut pas, il compensera en traînant les pieds, en refusant les efforts, en ne prenant aucune initiative...
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Ainsi, l’Homme et sa Fonction sont indissociables et cela demande un vrai changement culturel dans le management.
Pour que l’Entreprise évolue dans ce sens et reste compétitive les Directions du Personnel doivent évoluer vers une vraie fonction Direction des Ressources Humaines dont le rôle est de prendre en compte l’Homme avec sa Fonction.
Le management moderne tient compte aujourd’hui des ces deux impératifs : motiver les personnes – ou au moins ne pas les démotiver - et obtenir ce qui est demandé. Or, dans la gestion de crise, le rapport négatif avec le chef direct apparaît en premier dans la liste des griefs à l’égard de l’Entreprise.
Ce qui peut favoriser cette démarche se trouve parfois dans la genèse de l’Entreprise : elle débute souvent par un système bien pensé où l’homme est prévu pour le faire fonctionner ; on a donc recherché de bons exécutants et les cadres veillent surtout à faire respecter des process efficaces, palliant les défaillances humaines. Les erreurs ou les manquements deviennent vite des preuves qu’il faut plus de contrôle et l’Entreprise se renforce dans ce sens. Mais des manquements nouveaux apparaissent et le chef direct voit de plus en plus l’aspect désobéissant de l’employé.
Un jour ou l’autre les personnels cherchent à s’évader de la pression des contraintes : pauses rallongées, perte de temps dans les déplacements, absentéisme, problèmes de Qualité…
L’encadrement voit son temps de travail augmenté du temps consacré aux contrôles excessifs. Il devient vite débordé et demande de l’aide dans la gestion du temps !
Quand la DRH veille, c’est sur ces paramètres que l’on voit en premier l’effet d’un management motivant ainsi que sur les chapardages ou déprédations : le baromètre remonte dès que l’Entreprise est attentive à l’Homme autant qu’à sa Fonction. L’encadrement peut alors faire son vrai travail de management et le Dirigeant traite dès lors davantage avec eux l’essentiel et l’important et sort petit à petit de la « solitude du pouvoir ».
Garder les talents, faire évoluer les personnes nécessite de changer son regard sur les salariés. En effet, à moins d’erreur de recrutement, la dégradation des rapports entre l’Entreprise et les Hommes est souvent une question de rapports humains.
Si l’Entreprise est un groupe social interactif, ce n’est pas la Fonction qui prime mais l’Homme, et quand l’Homme prime, sa Fonction gagne en efficacité. Vive les DRH !
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